DEAR WHITE PEOPLE

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«Dear white people, le nombre d’amis noirs désormais requis pour ne pas apparaître raciste vient de passer à deux. Et désolé, cela n’inclut pas Tyrone, votre dealer de cannabis…» A l’université de Winchester, l’émission de l’étudiante Samantha White suscite la polémique !

Le pitch

La vie de quatre étudiants noirs dans une prestigieuse faculté américaine, où une soirée populaire et scandaleuse organisée par des étudiants blancs va créer la polémique.

 

Le premier film de Justin Simien ne peut laisser indifférent. Comment vit-on de se retrouver seul ou presque étudiant noir dans une université où la majorité des étudiants sont blancs ? Voilà la question que soulève Justin Simien dans sa satire sociale. Après une web-série « INST MSGS », le jeune réalisateur a d’ailleurs puisé dans son propre vécu d’étudiant pour apporter des bribes de réponses et ouvrir le débat. Grâce à une campagne virale réussie sur twitter et un financement participatif, il tourne Dear White people son premier film en 3 semaines et plonge le spectateur dans la vie d’une université américaine fictive où la question raciale fait débat. Le jeune Lionel Higgings, noir et gay débarque dans cette université et se retrouve confronté aux stéréotypes et contradictions de l’ère Obama. Avoir un président noir à la tête de l’Etat suffit-il à régler la question raciale aux États-Unis ? Visiblement non et l’émission de radio de Sam, étudiante activiste est là pour le rappeler. Les choses se corsent quand elle prend la tête de la maison d’étudiants historiquement afro-américaine implantée sur le campus et qu’une soirée Halloween « Libérez le négro qui est en vous » est organisée par un journal satirique tenu par des étudiants blancs.

 

« Il n’y avait plus de films comme Hollywood Shuffle de Robert Townsend ou Do the right thing de Spike Lee. Comme si un courant s’était éteint, je voulais leur rendre hommage »

 

Campus Show reloaded. Hommages à Spike Lee et Robert Townsend, Dear White people propose outre une esthétique irréprochable, des dialogues punchlines et une bande originale hype qui à eux seuls méritent le détour mais heureusement ce n’est pas tout. L’insolent Justin Simien immerge son spectateur dans la vie des campus américains, le lieu où se forme la jeunesse américaine, et donc une partie de la société et y expose les stéréotypes, les contradictions et le racisme larvé qui sévissent dans ces hauts lieux qui se présentent souvent comme des modèles d’intégration.

 

La question post-raciale de l’ère Obama est soulevée (à défaut d’être traitée) avec punch et humour ouvrant un débat vivace outre atlantique … et espérons le ailleurs. Cette comédie cinglante et non politiquement correct a obtenu deux récompenses au Festival de Sundance.

 

« Le racisme n’est plus le même qu’avant (…) la nouvelle génération ne connaît pas grand-chose de notre histoire ségrégationniste. Ils ont grandi avec Beyoncé, Jay-Z, Kobe et Oprah. Et ils ont voté pour Obama. C’est comme si le fait qu’il y ait un noir à la Maison Blanche avait réglé tous les problèmes et qu’il n’était plus nécessaire de remettre le débat sur la table. Mais justement, cela peut être un bon moyen de le relancer, pour des personnes qui ne se sentent pas à l’aise avec le sujet. On peut se mettre d’accord sur notre désaccord, et en rire »

 

 

Dear White People est une comédie de Justin Simien, avec Tyler James Williams (Tout le monde déteste Chris), Tessa Thompson (Les couleurs du destin), Kyle Gallner (Freddy), Teyonah Parris (Mad Men), Brandon P. Bell (Hollywood Heights) et Dennis Haysbert (24 Heures Chrono)

 

Sortie au cinéma le 25 mars 2015.

 

La rédaction a aimé : le portrait au vitriol d’une Amérique soi-disant post-raciale, les nombreux hommages au cinéma afro-américain indépendant, le casting, l’esthétique irréprochable du film.

 

On a moins aimé : le dénouement légèrement « à l’eau de rose », la psychologie de certains personnages qui aurait mérité d’être plus fouillée.